Exclue à Neuilly-sur-Seine : Elle pensait avoir survécu à la brousse, mais le venin des “Reines” du lycée Pasteur est bien plus mortel que celui des cobras.

Partie 1

Le ciel de Neuilly-sur-Seine était d’un gris métallique ce matin-là, assorti à la froideur des grilles du lycée Pasteur. Pour moi, Cady, qui venais de passer quinze ans sous le soleil brûlant d’Afrique, entourée de chercheurs et de poussière, ce décor semblait être celui d’une autre planète. Je me sentais comme une erreur de casting, vêtue de mes vêtements trop larges, le cœur battant la chamade contre mes côtes.

L’atmosphère était électrique, saturée de parfums de luxe et de jugements silencieux. C’est là que je les ai vus pour la première fois. Ils les appellent les « Plastiques ». Un titre de noblesse moderne. Si la presse people française avait un exemplaire unique, elles en feraient la couverture chaque semaine.

Il y a Karen, dont le regard vide semble chercher une pensée qui ne vient jamais. Puis Gretchen, l’héritière d’un empire industriel, dont les cheveux volumineux semblent compressés par le poids des secrets qu’elle détient sur tout le monde. Et enfin, Regina. Regina George. Une beauté glaciale, une autorité naturelle qui ferait trembler un chef de tribu. Elle ne marche pas, elle flotte, laissant derrière elle un sillage de crainte et d’admiration.

Janis, ma seule amie ici, m’avait prévenue : « Ne les approche pas, Cady. Ce ne sont pas des filles, ce sont des piranhas dans un bocal en cristal. » Mais alors que je cherchais désespérément une place à la cafétéria, le destin a basculé. Un garçon, Jason, essayait de m’humilier avec des questions déplacées sur mon « muffin ». Soudain, une voix a coupé l’air comme un rasoir.

« Jason, arrête d’être aussi pathétique. »

C’était elle. Regina. Elle m’a regardée de haut en bas, ses yeux scrutant mon âme à travers mes vêtements bon marché. Le silence s’est installé. Tout le monde retenait son souffle. C’est à cet instant précis qu’elle a prononcé les mots qui allaient détruire ma vie telle que je la connaissais : « Assieds-toi avec nous. »

L’invitation n’était pas un geste de bonté. C’était un recrutement. Et j’étais trop innocente pour voir le piège qui se refermait sur moi.

Partie 2 : L’Engrenage et la Trahison
S’asseoir à la table des “Plastiques”, ce n’était pas simplement changer de chaise à la cafétéria. C’était franchir le Rubicon, laisser derrière soi le monde des gens normaux pour entrer dans une arène où chaque mot est une arme et chaque sourire une déclaration de guerre. À Neuilly, le luxe n’est pas une option, c’est une armure. Et moi, Cady, la fille qui savait pister un lion dans les hautes herbes, je me retrouvais totalement désarmée face à Regina George.
Le premier jour a commencé par un interrogatoire. “Pourquoi es-tu blanche si tu viens d’Afrique ?” a demandé Karen, avec cette sincérité désarmante qui confine à l’absurdité. Regina l’a fait taire d’un simple regard, un battement de cils qui valait une sentence de mort sociale. C’est là que j’ai compris : dans ce groupe, il n’y a pas d’égalité. Il y a une reine, et il y a ses ouvrières. Gretchen Wieners, dont le père a fait fortune dans l’agroalimentaire, passait son temps à surveiller les moindres faits et gestes de Regina, mendiant une miette d’approbation.
Puis sont venues les règles. Les lois non écrites du clan. “Le mercredi, on porte du rose.” “On ne porte pas de queue-de-cheval plus de deux fois par semaine.” “On n’achète pas de jupe sans l’accord des autres.” Ces règles semblaient futiles, mais elles étaient le ciment de leur pouvoir. Si vous ne pouvez pas contrôler la couleur de votre pull, comment pourriez-vous espérer contrôler votre propre vie ?
Janis et Damian, mes seuls alliés dans cette mascarade, m’attendaient après les cours derrière le gymnase. “Alors, Cady ? Qu’est-ce qu’elle a dit ? Donne-nous du venin,” demandait Janis, les yeux brillants d’une haine ancienne. Pour elle, j’étais une espionne, un cheval de Troie envoyé au cœur du système. Elle voulait voir Regina tomber, voir son empire de soie et de gloss s’effondrer. Elle m’a poussée à continuer. “Fais-toi aimer d’elle. Devient son ombre. Et quand elle aura toute confiance en toi, on lui arrachera le cœur.”
Le problème, c’est que Regina est fascinante. Elle a cette capacité à vous faire sentir comme la personne la plus importante au monde juste avant de vous piétiner. Un soir, elle m’a invitée chez elle. Sa chambre n’était pas une pièce, c’était un sanctuaire à sa propre gloire. Elle m’a montré son “Burn Book”, un cahier de cuir noir caché sous son matelas. À l’intérieur ? Le portrait de chaque fille du lycée, accompagné des rumeurs les plus atroces, les plus s*les, les plus violentes.
“C’est notre petit secret,” m’a-t-elle murmuré en riant. En lisant ces pages, j’ai vu des noms d’amies, des noms de professeurs, des noms de filles que je croisais tous les matins. Leurs vies étaient réduites à des insultes écrites au feutre rose. J’ai ressenti un frisson d’horreur, mais aussi, et c’est là ma honte, une pointe d’excitation. J’appartenais au cercle de celles qui jugent, pas de celles qui subissent.
Mais le masque a commencé à se fissurer quand je suis tombée amoureuse d’Aaron. Aaron, c’était l’ex de Regina. Un garçon calme, intelligent, qui semblait voir au-delà de la façade du lycée. Quand j’en ai parlé à Regina, elle a souri. Un sourire de prédateur. “Je vais t’aider, Cady. Je vais lui dire à quel point tu es géniale.”
La trahison a eu lieu lors de la soirée d’Halloween chez les George. J’étais déguisée en zombie terrifiant, alors que toutes les autres filles étaient en sous-vêtements avec des oreilles d’animaux. Regina s’est approchée d’Aaron devant moi. Elle ne lui a pas parlé de moi. Elle l’a embrassé. Elle l’a repris, juste parce qu’elle le pouvait. Juste pour me montrer que même mes sentiments lui appartenaient.
Je suis restée là, seule au milieu de la fête, mon maquillage de m*rt coulant sur mes joues. À ce moment-là, la Cady innocente de la savane a disparu. La douleur a été remplacée par une rage froide, une envie de destruction. J’ai réalisé que pour battre un monstre, il ne suffisait pas de l’observer. Il fallait en devenir un plus grand.
Je suis retournée voir Janis le lendemain. “On commence quand ?” lui ai-je demandé. Mon plan était simple : détruire son physique en lui faisant manger des barres énergétiques censées faire maigrir mais qui font grossir, détruire son armée en montant Gretchen contre elle, et enfin, lui voler son trône.
Chaque jour, je devenais plus s*noise. Je mentais à mes parents, je séchais les cours pour comploter, je transformais mon langage. Je ne parlais plus de science ou de nature, je parlais de marques, de rumeurs, de qui couchait avec qui. Mon cœur se transformait en pierre. Je voyais Gretchen craquer sous la pression, ses cheveux devenant de plus en plus ébouriffés à mesure que ses secrets débordaient. Je voyais Regina perdre peu à peu le contrôle, s’énervant pour des détails, sans comprendre que le poison venait de l’intérieur, de la fille qu’elle pensait avoir domestiquée.
Mais la noirceur est contagieuse. Un soir, en rentrant chez moi, je me suis regardée dans le miroir. Je ne reconnaissais plus mes propres yeux. J’étais devenue ce que je détestais. J’étais devenue une Plastique. Et le pire, c’est que je commençais à aimer ça. Le pouvoir est une drogue plus forte que n’importe quelle substance. Voir les autres s’écarter dans les couloirs, entendre les murmures d’admiration teintés de peur… c’était grisant.
Regina a fini par sentir que quelque chose clochait. Un après-midi, dans les vestiaires après le sport, elle m’a coincée contre les casiers. L’air était lourd de l’odeur de la sueur et du déodorant bon marché. “Tu joues à quoi, Cady ? Tu crois que je ne vois pas ton petit jeu ?” Ses yeux étaient deux fentes d’acier. “N’oublie jamais d’où tu viens. Tu n’es qu’une touriste ici. Et les touristes, on finit par s’en lasser.”
La guerre était déclarée. Il n’y avait plus de place pour la diplomatie. C’était elle ou moi. Dans les rues chics de Neuilly, sous les lumières tamisées des appartements haussmanniens, le drame se nouait. J’allais porter le coup de grâce, mais je n’avais pas prévu que dans ce jeu, tout le monde finit par s*igner. La tragédie n’était pas seulement celle de Regina, c’était la mienne. J’avais sacrifié mon âme pour une couronne en plastique.                                                                 Partie 3 : Le Chaos et le Sacré Cœur de la Vengeance
Le point de rupture ne s’est pas manifesté par un cri, mais par un silence. Ce genre de silence lourd et électrique qui précède les plus grands séismes. À Neuilly, on ne règle pas ses comptes avec les poings ; on utilise des mots qui signent et des réputations que l’on buille au vitriol social.
Mon plan de destruction massive était arrivé à son apogée. Regina, la reine déchue de Pasteur, ne rentrait plus dans ses robes de créateurs. Les barres de céréales “Kälteen” que je lui avais données en lui faisant croire qu’elles venaient d’un laboratoire de recherche humanitaire en Afrique — un mensonge atroce utilisant mon passé — l’avaient transformée physiquement. Mais c’est son esprit qui s’effritait le plus. J’avais méthodiquement empoisonné l’esprit de Gretchen Wieners, lui laissant croire que Regina l’insultait dans son dos. Gretchen, dont le besoin d’exister dépendait du regard des autres, avait fini par s’effondrer nerveusement, déversant des années de secrets toxiques dans mes oreilles avides.
Le point culminant a eu lieu lors de la semaine précédant le bal de printemps. Le lycée était en ébullition. J’étais devenue, sans même m’en rendre compte, la nouvelle Regina. Je marchais au milieu de la cafétéria et les têtes se tournaient. J’avais remplacé la candeur de la savane par un masque de mépris poli. Janis et Damian me regardaient de loin, avec un mélange de triomphe et d’effroi. Ils avaient créé un monstre.
Mais Regina George n’est pas du genre à mourir sans brûler le château avec elle.
Le jeudi matin, le monde a basculé. Je suis arrivée au lycée et j’ai senti une atmosphère de mrt. Des centaines de feuilles de papier volaient dans les couloirs, collées sur les casiers, éparpillées sur le sol de marbre. Le “Burn Book”. Regina l’avait sorti de sa cachette. Mais elle avait fait quelque chose de diabolique : elle y avait ajouté des horreurs sur elle-même pour passer pour une victime, tout en s’assurant que les secrets les plus sles de chaque fille du lycée soient exposés à la lumière crue des néons.
C’était l’anarchie. Dans le couloir C, j’ai vu deux meilleures amies s’arracher les cheveux en hurlant des insultes que même les pires r*cailles n’oseraient prononcer. Dans les toilettes, des pleurs étouffés résonnaient contre les parois en carrelage. La haine, que nous avions cultivée en secret, s’était répandue comme une traînée de poudre.
Le proviseur nous a tous rassemblés dans le gymnase. C’était une scène de guerre. Des filles en larmes, des regards chargés de venin. Regina se tenait là, au milieu, l’air d’une martyre sainte, alors qu’elle était l’incendiaire. Et c’est là, devant tout le monde, que le masque est tombé pour moi.
Janis, ne supportant plus de me voir jouer la double identité, a explosé. Elle s’est levée au milieu de l’assemblée. « Tu veux savoir qui a écrit ça sur toi, Regina ? » a-t-elle crié, sa voix résonnant contre les murs du gymnase. « C’est Cady ! Cady qui t’a nourrie de graisse, Cady qui a volé ton mec, Cady qui nous a tous manipulés ! »
Le silence qui a suivi était spulcral. Des centaines de paires d’yeux se sont fixées sur moi. J’ai cherché le regard d’Aaron, le garçon que j’aimais. Il m’a regardée avec un dégoût si profond que j’aurais préféré qu’il me frappe. J’étais démasquée. Je n’étais plus la petite nouvelle innocente, j’étais la titresse, la manipulatrice, celle qui avait brisé l’équilibre fragile de leur microsociété.
Regina a souri. Un sourire de victoire absolue. Elle s’est retournée et a quitté le gymnase, drapée dans sa supériorité retrouvée. Je l’ai suivie, courant dans les couloirs, mon cœur battant comme celui d’une proie acculée. « Regina, attends ! » ai-je hurlé près de la sortie du lycée, sur l’Avenue de Roule.
Elle s’est retournée, le visage déformé par une rage pure. « Tu pensais pouvoir me battre ? Ici ? C’est mon monde, Cady. Toi, tu n’es qu’une sle petite bête sauvage que j’ai essayé d’apprivoiser par pitié. Tu as tout gâché. Tu n’as plus d’amis, plus de mec, plus de vie. Tu es ren. »
Elle a reculé d’un pas, prête à traverser la rue pour monter dans sa voiture de luxe. Elle ne regardait pas. Elle était trop occupée à savourer ma destruction. Et c’est là que le destin a frappé. Un bus de la ligne 93 est arrivé à pleine vitesse. Le bruit du freinage a déchiré l’air, mais il était trop tard. Le choc a été d’une violence insoutenable. Le corps de Regina a été projeté comme une poupée de chiffon sur le bitume parisien.
Le temps s’est arrêté. Les cris autour de moi sont devenus un bourdonnement lointain. Je suis restée pétrifiée sur le trottoir, les mains couvertes de la poussière de cette ville qui m’avait dévorée. J’avais voulu sa chute, j’avais prié pour sa destruction, et maintenant, elle gisait là, brisée.
La culpabilité m’a envahie comme un poison noir. Ce n’était plus un jeu de lycéennes. Ce n’était plus une question de qui portait du rose le mercredi. C’était la vie, la mrt, et les débris d’une humanité que j’avais abandonnée en chemin. J’avais gagné la guerre, mais en regardant le sang de Regina couler sur le pavé, j’ai réalisé que j’avais tout perdu. Mon innocence était mrte avec elle, écrasée sous les roues d’un bus, au cœur de la ville la plus cruelle du monde.                                                  Partie 4 : Les Cendres et la Rédemption sous le ciel de Paris
Le bruit du choc hante encore mes nuits. Ce craquement sourd, le cri des pneus sur le bitume de l’Avenue de Roule, et ce silence de mrt qui a suivi. Regina n’est pas mrte, mais une partie de nous tous l’était ce jour-là. Elle s’en est sortie avec une vertèbre brisée et un corset orthopédique qui allait devenir, ironiquement, son nouvel accessoire de mode. Mais pour moi, le traumatisme était interne, une fracture de l’âme que l’on ne peut pas soigner avec de la morphine.
Pendant les semaines qui ont suivi, je suis devenue le paria de Neuilly. Les regards qui m’admiraient autrefois étaient désormais chargés d’un mépris glacial. Je marchais dans les couloirs du lycée Pasteur comme un fantôme. Janis et Damian ne me parlaient plus. Aaron me fuyait. J’étais seule avec le poids de ce que j’avais fait. J’avais voulu être une reine, et je n’étais plus qu’une t*itresse.
Le tournant a eu lieu lors du bal de printemps, le fameux “Spring Fling”. Je n’étais pas censée y aller. J’étais suspendue, punie par mes parents qui ne reconnaissaient plus la petite fille qu’ils avaient ramenée d’Afrique. Mais ce soir-là, en regardant par la fenêtre de ma chambre les lumières de Paris scintiller au loin, j’ai compris que je ne pouvais pas finir ma course ainsi. Je devais assumer.
Je suis arrivée au bal sans robe de créateur, sans maquillage excessif, simplement moi. La musique s’est arrêtée quand j’ai franchi le seuil. Les murmures ont repris, s*lissant l’air. Contre toute attente, j’ai été élue Reine du Bal. Non pas parce qu’on m’aimait, mais parce que c’était l’ultime plaisanterie d’un lycée brisé, une manière de couronner le monstre que nous avions tous nourri.
Je suis montée sur l’estrade. La couronne en plastique brillait sous les projecteurs, une babiol* sans valeur pour laquelle j’avais sacrifié mon intégrité. J’ai pris le micro. Mes mains tremblaient, mais ma voix était claire pour la première fois depuis des mois.
« Cette couronne… elle est en plastique », ai-je dit à la foule silencieuse. « Elle ne signifie rien. Nous passons notre temps à nous d*chirer pour des morceaux de plastique, pour des places à une table, pour des rumeurs écrites dans un cahier noir. On s’empoisonne la vie parce qu’on a peur de ne pas exister dans les yeux des autres. »
Sous les regards stupéfaits, j’ai brisé la couronne. J’en ai jeté les morceaux aux autres filles : à Gretchen, à Karen, et même à Janis qui se tenait au fond de la salle. « On mérite toutes d’en avoir un morceau. Parce qu’on est toutes responsables de cet enfer. »
Ce geste n’a pas tout effacé. La vie n’est pas un film américain avec une fin parfaite. Regina est revenue quelques semaines plus tard, son corset caché sous des vestes Chanel, plus féroce que jamais mais canalisant désormais sa rage dans le sport. Janis et Damian ont fini par me pardonner, non pas par oubli, mais par lassitude de la haine.
Le lycée Pasteur a retrouvé un calme précaire. Les clans existent toujours, c’est la nature humaine, surtout à Neuilly. Mais pour moi, quelque chose avait changé. J’ai arrêté d’essayer de “pister” les gens comme des proies. J’ai recommencé à m’intéresser aux mathématiques, à la science, aux choses réelles qui ne changent pas selon les humeurs d’une reine de promo.
Aujourd’hui, quand je marche sur les bords de Seine, je ne vois plus des prédateurs et des victimes. Je vois des gens qui essaient de survivre à leur propre image. Je n’ai plus besoin de porter du rose le mercredi pour savoir qui je suis. La jungle de Paris est bien plus complexe que la savane, car ici, les maux ne sont pas physiques, ils sont invisibles.
Je me souviens de ce que mon père me disait en Afrique : « Si tu fixes trop longtemps le soleil, tu finis par devenir aveugle. » J’ai fixé la gloire sociale de trop près, et j’ai failli y perdre la vue. Désormais, je préfère marcher dans l’ombre, là où la vérité est plus facile à distinguer. La couronne est brisée, et c’est la meilleure chose qui me soit arrivée.
Quant à Regina ? Elle va bien. On ne détruit pas un diamant, on le raye seulement. Parfois, on se croise dans le couloir. Elle ne me sourit pas. Elle ne m’insulte pas. Elle me regarde simplement, et dans ce regard, je sais qu’elle n’oubliera jamais. Et moi non plus. Car à Neuilly, on n’oublie jamais rien. On change juste de parfum pour masquer l’odeur du passé.

Related Posts

Our Privacy policy

https://topnewsaz.com - © 2026 News